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 Les grands traits de la religion grecque

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La Fille de la Chouette
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Nombre de messages : 41
Date d'inscription : 07/11/2006

MessageSujet: Les grands traits de la religion grecque   Lun 13 Nov - 13:05

La religion se constitue au VIIIè siècle avant en même temps que les cités. Elle se finit en 393 après lorsque l'empereur Théodose interdit les cultes païens. 393 marque les derniers jeux olympiques et mystères d'Eleusis.
La religion grecque résulte d'influences complexes. Certains dieux grecs sont typiquement indo-européens, tel Zeus maître des dieux et des éléments. D'autres dieux appartiennent aux Egéens, peuple présent avant l'arrivée des grecs, comme Athéna, dont la fonction primordiale est l'habilité technique. Il y a aussi une influence des deux premières civilisations : minoenne (la déesse maîtresse des serpents et des fauves a donné quelques fonctions aux déesses grecques) et mycénienne (Artémis et Apollon).

I) Une tentative de définition.
Ce n'est pas une religion révélée comme les religions monothéistes d'aujourd'hui. Il n'y a pas de prophètes, de messie, de livre sacré. La foi personnelle dans les "vérités" n'est pas exigée des fidèles. Il n'y a pas ou très peu de spécialistes du sacré, pas de clergé, de moines. La religion grecque n'a pas de perspective de salut ni dans cette vie ni dans une autre.
C'est une religion polythéiste. Le nombre de dieux est constamment en évolution. A Athènes, il y a même un culte aux dieux inconnus. C'est une religion ouverte aux autres avec des possibles ajouts de nouveaux dieux, de nouvelles croyances.
Elle consiste en une série de pratiques religieuses. En grec, on ne dit pas "religion" mais "pratiques religieuses" : ta nomina. Les pratiques sont établit par la loi. Elles sont toujours les mêmes, sont codifiées : ce sont des rituels basés sur des pratiques ancestrales. Ne pas les respecter peut être sanctionné de mort (Socrate).
Les fêtes et sacrifices en l'honneur des dieux sont repartis selon calendrier et en fonction de différents éléments : départ pour un combat, accouchement.
Les dieux ne sont pas les mêmes partout en Grèce. Il n'y a pas d'uniformité religieuse. La cité a une ou plusieurs divinités principales, les divinités poliades. A Athènes, c'est Athéna, à Sparte Artémis-Orthia, à Argos, Héra.
En plus des dieux, les grecs honorent les héros : mortels divinisés après leur mort. Leur culte se fait sur leur tombeau. Il peut s'agir de héros (guerrier très valeureux, médecin) ou d'héroïne (qui se sont sacrifiées pour la patrie).
Les héros ont des pouvoirs à proximité de leur tombe. Mais certains héros sont divinisés et acquièrent le même pouvoir que les autres dieux. Héraklès, héros de Argos, et Asclépios, héros de Trikka en Thessalie, sont devenus des dieux grâce à la généralisation de leur culte.
Le Panthéon civique est l'ensemble de divinité et de héros honorés dans une cité. Il n'y en a pas deux identiques.

La religion repose sur un ensemble de mythes, récit rapportant comment une chose s'est produit la première ou comment elle a été crée. Les mythes se situent dans un temps ancien, le temps des commencements et instaure les dieux. Un de ses mythes raconte la rivalité entre Promethé, un titan et Zeus. Promethé invite le maître des dieux à un dîner auquel il a également convié d'autres dieux et des hommes. A cette époque, les hommes vivent la même vie que les dieux, sauf qu'ils sont mortels. Promethé sert de la viande de boeuf de médiocre qualité à Zeus et de bonne qualité aux hommes. Zeus se laisse trompé. Quelque temps après, Promethé dérobe le feu pour le donner aux hommes. Zeus se venge alors, il oblige les hommes à travailler et à sacrifier des animaux pour offrir leurs graisses et les beaux morceaux aux dieux. Il offre aussi le mal aux hommes : la femme, Pandore à qui les dieux ont confié une jarre. Pandore va ouvrir cette jarre malgré les interdictions. De cette jarre vont s'échapper tous les maux sauf l'espérance.
Dans la société grecque, la femme est considérée comme un malheur. Le fantasme des hommes est de reproduire sans femme.
La plupart des mythes que nous connaissons se trouve dans Les travaux et les jours et La théogonie de Hésiode. Certains mythes ont une origine orientale, notamment babylonienne : Baal-Marduk a très fortement inspiré Zeus, les deux dieux traverse les mêmes épreuves.
Chaque cité transmet une variante d'un mythe : le dieu n'est pas forcément né au même endroit, il n'a pas la même histoire.

II) L'omniprésence du religieux.
Paul Verne dit "Tout ce qui est politique est religieux". En effet, chaque réunion de l'assemblé du peuple à Athènes commence par un sacrifice et le corps de l'animal est traîné autour de l'assemblé pour la délimiter, ce qui l'identifie à un sanctuaire. Interrompre un orateur est un acte d'impiété.
On retrouve cette omniprésence du religieux avant les batailles aussi : on fait un sacrifice pour savoir les auspice et s'attirer la protection divine.
L'art et la littérature rendent hommage aux dieux. La tragédie est une partie du culte rendu à Dionysos. Les poètes, tels Hésiode ou Homère, sont inspiré par la Vérité dicté par les dieux. Les oeuvres d'art sont créées comme offrandes pour les dieux et sont présentes dans les temples.
La foi personnelle n'est pas exigée mais la religion est omniprésente, il est impossible de se soustraire aux pratiques religieuses.

1) Piété et impiété :
Les procès pour impiété sont très fréquents. Il y a trois grands chefs d'accusation :
-Ne pas avoir accompli un acte religieux.
-Instaurer un nouveau dieu sans le consentement de la cité.
-L'athéisme, dire qu'il n'y a pas de dieux. On peut le croire mais pas le dire sinon on s'oppose à la cité.
Socrate est condamné en 399. Il est accusé d'avoir corrompu la jeunesse : plusieurs de ces élèves ont eu un comportement politique qui a poussé au recul de la démocratie et à la tyrannie des trente, et d'impiété (asemenia) parce qu'il parle constamment de son démon, on l'accuse donc de ne pas croire dans les autres dieux.
Il faut donc accomplir tous les actes religieux et respecter tout ce qui fait la cité : les dieux, les morts dans la famille, les institutions civiques.

2) Hybris et sophrôsuné :
Sur le plan religieux, la sophrôsuné est reconnaître que l'on est qu'un homme, ne pas prétendre égaler les dieux. Il ne faut pas suivre l'exemple de Nyobé qui prétendit que ces enfants étaient plus beau que ceux de Léto, mère d'Artémis et Apollon. Elle mourut en même temps que ces enfants transpercés par les flèches des dieux jumeaux.
Pour les Grecs, beaucoup de choses sont sacrées : le temps, les tremblements de terre (fait par Poséidon), les éruptions volcaniques (par Héphaïstos), la pousse des plantes (par Dionysos) et des céréales (par Déméter), l'accouchement et les enfant qui grandissent (par Artémis), les bêtes des troupeaux qui grandissent (par Apollon). Tout est lié à la volonté des dieux. Les sources, les fleuves, les montagnes sont des dieux. Il faut se concilier les dieux pour ne pas subir leur courroux.

La religion vient du latin religio dérivé du verbe religere : recueillir avec application, agir avec soin, méticuleusement. La religion est donc un soin méticuleux à l'exercice d'un culte.
Les pratiques religieuses viennent du scrupule que l'homme peut ressentir avant de faire quelque chose.
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