L'Histoire à François Rabelais.


 
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 Les Grecs, qui étaient-ils ?

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La Fille de la Chouette
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Nombre de messages : 41
Date d'inscription : 07/11/2006

MessageSujet: Les Grecs, qui étaient-ils ?   Mar 7 Nov - 21:42

I) Origine des Grecs :
1) nom :
Le mot "Grec" vient du latin Graeci. Les grecs, eux, s'appelaient les Hellènes et la Grèce, l'Hellade. L'adjectif dérivé est "hélénique" à ne pas confondre avec hellénistique, qui parle grec, et qui désigne une période grecque qui va du règne d'Alexandre le Grand (336-323 avt JC) à l'époque romaine (31 avt JC : bataille navale d'Actium où Octave vainc Antoine et Cléopatre)

Les grecs de l'Antiquité ne sont pas un peuple méditerranéen à l'origine. On pense qu'ils sont venus d'une région située entre la mer Noire et la mer Caspienne en vagues successives entre 2200 et 1200 avt JC. Ils se sont dirigés vers la Grèce mais aussi vers ouest de la Turquie (Asie Mineure), d'où ils sont chassés en 1923 par Moustafa Kémal, et sur les contour de la mer Egée et dans les îles de la mer Ionienne. On distingue, depuis l'Antiquité, deux phases de migration d'après les témoignage littéraire. La première, dite des Achéens vers 2200, qui fondent la civilisation Mycéenne (Mycène dans le Péloponèse, découverte par Schliemann). La deuxième, dite des Doriens aurait détruit la civilisation mycéenne vers 1200. Mais on pense que l'infiltration s'est passé de manière différente. Ce serait une infiltration de petits effectifs qui se sont mêlés à la population présente (égéenne). La civilisation mycéenne est la première civilisation de la Grèce.

Les grecs appartiennent aux indo-européens. Il existe des traits de civilisation, dans les langues qui caractérisent les populations de l'antiquité à nos jours. Ce sont des langues à flexion, c'est-à-dire que les mots change selon leur fonction grammaticale (masculin, féminin, neutre), qu'il y a des conjugaisons et des déclinaisons. Les mots sont composés de racines ( que l'on retrouve dans les différentes langues) et de désinences. Il n'existe pas de traces d'un peuple indo-européen, mais on pense que vers le quatrième, troisième millénaire avt notre ère, des peuples sont partis d'Ukraine environ et qu'ils se sont dispersés en Europe et en Asie (jusqu'en Inde). Il n'y a pas de traces de la migration mais les linguistes du XIX ème ont déduit qu'il fallait qu'un noyau commun est existé pour expliquer les similarités entre toutes les langues maintenant dites indo-européennes. Dans ces linguistes, il y a notamment Georges DUMEZIL, un français, également historien, anthropologue,... Il parlait 200 langues indo-européennes y compris celles de Sibérie, maintenant éteintes. Il a cherché des liens entre la langue et les civilisations. Il a travaillé sur les romains, les grecs, l'Islande, les peuples d'Europe du Nord et les pays d'Asie orientale. Il a découvert des traits communs dans la religion et le social. Ainsi, c'est le nom du père qui est transmis et le nom du fils est souvent celui du grand-père paternel. L'organisation tripartite se trouve dans la religion (3 dieux) mais aussi dans l'organisation social avec la triade capitoline par exemple. Jupiter symbolise le royal et le religieux, Mars, la fonction guerrière et Quirinus, la production, l'exploitation économique. Cette division apparaît dans beaucoup de civilisations. Même dans La République et Les Lois de Platon, une cité idéale doit avoir ces trois pouvoirs de différenciés. Les plus instruits (les "philosophes rois ") sont à la tête de la cité, occupe la fonction de prêtre. Viennent ensuite "les gardiens", les guerriers qui doivent défendre la cité contre les ennemis. Pour finir, les moins instruits sont "les producteurs", ils travaillent pour les autres.

2) l'organisation politique.
La Grèce ne fut jamais unifiée dans l'Antiquité. Ils y avaient aux environs de 2000 cités-Etats indépendantes, plus ou moins petites, continuellement en guerre car la paix n'était pas considérée comme un état normal.

Les grecs ont une très forte conscience d'appartenir à une communauté, à un même peuple qui est défini par la langue et les croyances religieuses marqués par le polythéisme. Même si le culte diffère un peu selon les villes, il existe des sanctuaires communs. Durant la péridos, les quatre sanctuaires d'Olympie, de Delphes, De Némée et de l'Isthme de Corinthe accueillaient chacun leur tour les jeux olympiques (créés en 776 avt). La première année, ceux-ci se déroulaient à Olympie en l'honneur de Zeus, la deuxième à Delphes en l'honneur d'Apollon, la troisième à Némée en l'honneur de Zeus et la quatrième à l'Isthme de Corinthe en l'honneur de Poséïdon. Les grecs comptaient le temps par Olympiades.

Les grecs avaient un sentiment d'identité communautaire si fort qu'il pensaient que le monde était divisé en deux, eux et le reste du monde, ceux qui ne parlaient pas grec, les barbares. Ils avaient une vision héllénocentriste du monde. En effet, pour eux, le centre de la terre était la Grèce et même plus précisément, Delphes, par un mythe concernant deux aigles que Zeus avait lâché aux extrémités du monde et qui se seraient rejoints à Delphes. Ce sanctuaire était dédié à Apollon car il est le dieu de la mesure, de la maîtrise de soi, valeur très importante pour les grecs. De même, ils pensaient que le meilleur climat était en Grèce et que, donc, les meilleures ressources se trouvaient en Grèce. Plus on s'éloignait, moins les régions étaient vivables. Ainsi, plus on allait au Nord (les grecs ne connaissaient le monde que jusqu'au Danube), plus il faisait froid. Inversement plus on allait au Sud (frontières Sud de l'Egypte), plus il faisait chaud. A l'Ouest, au-delà des colonnes d'Héraclès (détroit de Gibraltar) était le lieu où les dieux venaient passer l'hiver au chaud. A l'Est, il y avait les empires Orientaux qui se sont succédés. Pour les historiens grecs, l'Orient commence à l'ouest de l'Asie Mineure. et va jusqu'à la vallée de l'Indus. Ce sont des pays peuplés de créatures mi-humaines, mi-animales dangereuses.

II) Mise en place de "valeurs" grecques à l'époque archaïque.
1) sources :
A la fin de la période mycénienne, l'écriture disparaît. La période d'après est nommée les siècles obscurs, à cause du manque total d'information. Mais vers 800 avt, l'écriture réapparaît, c'est le début de la période archaïque qui continuera jusqu'en 508 avt. Dans cette période apparaissent deux grands auteurs, Homère et Hésiode. Ils ont mis par écrit des poèmes qui ont développé les valeurs fondamentales pour les grecs. On les appelle des maîtres de vérité car ils disent écrire ce que les Muses leur transmettent (ce qui a été, est, sera, c'est-à-dire la Vérité)
Homère : a-t-il vraiment vécu ? On lui accorde plein de textes, principalement les deux épopées (poème très long qui relate l'histoire d'un personnage humain qui incarne une ou plusieurs valeurs grecques) que sont l'Illiade et l'Odysée. Elles résultent d'une longue tradition orale et ont pris pendant le XIIIème siècle la forme qu'on leur connaît.
+L'Illiade : L'épopée de Ilion (Troie). Elle raconte la dernière année de la guerre de Troie par l'intermédiaire de l'histoire d'Achille, héros achéen, meilleur guerrier incarnant l'idéal masculin, fils d'un mortel (Pélé) et d'une déesse (Thétis). Achille eut le choix entre une vie de mortel, brève mais glorieuse avec une belle mort, en combat, comme c'était l'idéal de la mort à cette époque, ou une vie d'immortel, longue mais obscure.
+L'Odyssé : L'épopée de Odysseus (Ulysse). Elle passe sous silence la prise de Troie car les Achéens commirent des impiétés, comme le meurtre de Troyens suppliants, ou dans des sanctuaires. De nombreux grecs sont punis ensuite, mourant de façon pas glorieuses pas du tout (Aggamemnon meurt assassiné par un filet dans son bain par sa femme). Ulysse fait partie de ceux qui ont commis des impiétés. Son voyage de retour dura 10 ans, pendant lesquels il s'opposa à Poséïdon, dieu tutélaire de Troie. C'est un héros différent d'Achille. Il incarne l'idéal intellectuel, le stratège, la Métis (forme la plus haute d'intelligence pour les grecs), la capacité à se sortir de n'importe quelle situation, à penser aux artifices (Cheval de Troie), à dénouer les situations.
Hésiode : 730 av. Il a écrit deux ouvrages : Théogonie (la naissance des dieux) et Les travaux et les jours sur la vie des paysans grecs qui vivent en harmonie avec les dieux. Il faut avoir de la piété pour avoir de bonnes récoltes et des animaux féconds.

Ces quatre livres sont des références dans tous les domaines, vie politique, guerres, banquets, vases peints,... C'est avec ces livres que les enfants grecs apprenaient à écrire.

2) Chaos et cosmos :
Hésiode écrit le commencement du monde. Il n'y avait que le Chaos (l'absence d'ordre). La terre (Gaïa) et l'amour (Eros) existaient mais étaient séparés. Leur rencontre donne naissance à Ouranos (le ciel). Celui-ci s'unit à Gaïa pour créer la deuxième génération de dieux : les Titans. Dans ceux-ci, Cronos (le temps) détrône son père Ouranos en le castrant. Il s'unit avec Rhéa, sa soeur, mais il mange tous ses enfants dès leur naissance. Une fois, Rhéa donne une pierre à la place de son enfant, Zeus. Celui-ci est élevé par les nymphes en Crête, au mont Ida. Les corybantes tapent sur leurs boucliers pour couvrir les pleurs du bébé. Zeus, adulte, délivre ses frères et soeurs du ventre de Cronos et prend le pouvoir. Le nouveau règne est celui de la mesure. C'est la troisième génération de dieux, les Olympiens. Tous reconnaissent l'autorité de Zeus et lui donnent le tonnerre et la foudre, le droit de régner sur les mortels et les immortels. Ils écrasent les révoltes de Titans et des Géants. C'est le symbole de la lutte de la raison contre les forces du désordre. Ce combat est sans cesse renouvelé, le monde de la raison (le cosmos) risque à tout moment de retourner au Chaos. Ce que fait Zeus est juste, pensé. Il est le garant des lois, de la justice, le dieu des serments et de l'hospitalité, il protège l'Agora (place de la vie politique, échange et des sanctuaires), il est aussi omniscient et présent partout.

3) Démesure et modération :
Lorsque un homme est pieux, qu'il reconnaît qu'il n'est qu'un homme et ne prétend pas à ce qui est pour les dieux, il est dit sage. Il possède une vertu, la Sôphrosunè, c'est-à-dire la modération et maîtrise de soi.
A l'opposé, il y a l'hybris, un défaut qui atteint l'homme qui ignore ses propres limites et prétend rivaliser avec les dieux, devenir tout-puissant et l'immortalité. On peut prendre l'exemple de Niobê. C'est une mortelle qui prétend avoir les plus beaux enfants du monde, plus beaux même que ceux de Lêtô, mère de Artémis et Apollon. Les enfants de Niobê sont tués à coup de flèches par ceux de Lêtô. L'orgueil de Niobê déclenche la haine divine. Cette scène est assez souvent représentée sur les vases mais aussi dans les tragédies grecques par Eschylle, Sophocle et Euriclide, grands tragiques athéniens du Vème siècle.

4) Arétè :
C'est une valeur au sens de l'excellence. C'est une valeur guerrière surtout chez Homère qui en fournit deux modèles. Dans l'Iliade, Achille réalise l'arétè par le choix qu'il fait pour sa vie. Il choisit de mourir d'une belle mort, plutôt que de vivre longtemps et d'avoir une épouse et des enfants parfaits. C'est une valeur faite de courage physique, de sagesse, de mesure. Dans l'Odyssée, Ulysse incarne l'arétè sous la forme de la Métis, la capacité à trouver une solution adaptée à une situation non pas en la prenant de front mais en trouvant un biais, une ruse intelligente pas fourbe. En ce cas on apprécie l'arétè selon la réussite. La métis peut conduire au mensonge, à la manipulation, à la tromperie. La fin justifie les moyens. Quand Ulysse rentre enfin chez lui, il n'apparaît pas sous sa vraie forme, il apparaît comme un mendiant venu de Crête. Il n'affronte pas les prétendants de front, il les berne.
Dans le monde grec, ce sont les aristoi qui appliquent ces deux formes d'Arétè. Ils la pratiquent de manière parfaite, elle n'est jamais acquise, toujours remise en cause. On accède à l'arétè par une lutte constante, une rivalité avec les autres, l'Agôn (compétition, lutte). Cette lutte est tellement présente qu'on parle de monde agônistique. En effet, dans le monde de la guerre, l'aristos se doit d'être un guerrier qui accomplit des exploits individuels. On garde la trace de ses exploits par des épigrammes funéraires. Il en faut aussi à l'assemblée. Il faut du courage pour prendre la parole, donner de bons avis comme un artistos. Il en faut surtout dans les concours, les Agônes, qui sont toujours offerts aux dieux, qui se font donc dans une dimension religieuse. Ces concours regroupent plusieurs domaines comme le sport tout aussi bien que la poésie ou le théâtre. Le vainqueur à un concours athlétique a droit à sa statue à l'intérieur du sanctuaire plus un poème, un Epinicie. Pindare, né vers 518 avt JC, fut un spécialiste de ces poèmes. Il écrit pour tous les concours de l'époque.
L'arétè est un socle de la civilisation grecque. Ce système de valeur est constitué au début de l'époque archaïque. Il est contemporain de la mise en place du système politique de la polis. A cette époque seuls les aristoi pratiquaient l'arétè contrairement à l'époque classique où les valeurs se diffuse à l'ensemble des catégories sociales. Les valeurs deviennent des valeurs démocratiques reconnue par la cité.
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