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 Les cités

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La Fille de la Chouette
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Date d'inscription : 07/11/2006

MessageSujet: Les cités   Mar 7 Nov - 21:49

La cité se dit polis en grec. Elle désigne la cité-état, forme d'Etat caractéristique du monde grec. Dans la vieille Grèce (continentale), dans les îles Egée et en Asie mineure on dénombre 750 cités-états auxquelles on ajoute plus de 300 colonies en Méditerranée et en Mer Noire. L'organisation de la Grèce en cité remonte à l'époque archaïque et la caractérise jusqu'à la fin.
Les grecs ne se sont pas intéressés à la définition de la cité. Ce n'est pas une ville, un espace spatial, comme on peut le penser. Pour eux, c'est une communauté de citoyens, un organisme humain. La cité est donc une communauté de citoyens qui se gouvernent eux-mêmes, qui sont autonomes (qui votent et qui appliquent leur propres lois) et indépendants (non soumis à un autre Etat). Les cités-états sont peu peuplées, peu étendues : elles dépassent rarement les 100km2. Les cités de petites tailles sont idéales car tous participent. Elles se partagent en deux : le centre urbain, l'atsy, sur l'acropole, qui occupe le centre du territoire, qui concentre les institutions politiques et les cultes, et le reste du territoire, la chôra où se trouve les autres villes, les villages, le terroir agricole, les terres de pacage. Les frontières sont définies par des bornes et des sanctuaires. Ce sont des zones peu gérées par les grecs.
Avant les cités, c'est un royaume qui dominait et pendant les âges obscures, ce sont les villages avec les chefs de village.

I) La naissance des cités-Etats.
Les grecs dataient la naissance des cités de la même année que les jeux olympiques c'est-à-dire en 776. Hiipias d'Elis (la cité qui gérait les jeux) écrit au Vè siècle que les premiers Jeux ont eu lieux en 776 et qu'à partir de cette année on commença à compter le temps en olympiades. A partir de ce moment on peut vraiment dire que les cités sont apparues. Les vestiges archéologiques sont en accord avec la date des premiers jeux olympiques vers le VIIIè siècle. Mais pour la cité on ne sait pas exactement, il faudrait des preuves des institutions.
Il y a plusieurs explications pour l'apparition de la cité.

1) explication économique :
Les cités sont plutôt situé à proximité de la mer, zone où il y a des plaines et des bassins. Dans le nord de la Grèce, il y a moins de cité. C'est une zone plus humide, où l'économie est tournée vers l'élevage et le bois pour les bateaux.
Les cités sont d'abord apparues dans les régions où il y a des plaines et des bassins pour l'agriculture céréalière et où les paysans ont besoin de protection et donc de l'armée.

2) explication démographique :
Après la civilisation mycénienne il y a un creux mais au Xè et IXè siècles, les lieux occupés sont plus nombreux et leur densité augmente, ce qui révèle une reprise démographique. Cette reprise s'accentue au début de l'archaïsme. La prospection montre une hausse de l'exploitation agricole, surtout au IXè et VIIIè siècles. Pour les grecs, c'est la période de la stenochoria (étroit territoire). Ils ont besoin d'un Etat pour réguler les problèmes liés à la terre.

3) la "révolution" hoplitique :
Dans les guerres homériques, mes combats sont menés par les nobles (qui combattent en combat singulier) entourés par des artisans et des commerçants. Les nobles en tiraient la justification pour monopoliser le pouvoir. Vers 670, la transformation des modes de combat et de l'armement est une innovation marquante. Ainsi, les hoplytes portent un bouclier rond en bronze, large d'un mètre de diamètre, l'hoplon (cf page 32 du dossier). Il possède deux poignées pour plus de maniabilité. En ajoutant des jambières, protection pour les mollets et les genoux, la cuirasse en bronze, le casque avec visière, la lance en bois, la pique mesurant deux mètres, se maniant à une main, et l'épée, l'équipement d'un hoplyte pesait entre trente et quarante kilos. En dehors du combat, les hoplytes avaient des esclaves pour leurs porter l'armement.
La phalange est un dispositif de soldats liés les uns aux autres et alignés : en combat un soldat protège la partie gauche de son corps et la partie droite de son voisin. Le nombre de soldats sur chaque rang est varié, le tout constituant un rectangle de combattant. Souvent il y a huit rangs de quarante combattants. Il fallait un espace plat et clos pour combattre. Les phalanges chargeaient avec les piques. Le camp victorieux est celui qui maîtrise le champ de bataille, qui réussit à rompre la cohésion des phalanges ennemies.
La guerre était faite plutôt l'été, quand il faisait très chaud en chargeant l'ennemi avec trente ou quarante kilos sur plusieurs kilomètres. Il fallait une grande maîtrise de soi, la sophôsyné !
La disposition des batailles est caractéristique de la cité. Les citoyens payent leurs équipements et il y a une sorte de solidarité dans la phalange. C'est à l'image de la cité, où on est tour à tour gouvernant et gouverné.
Isonomie : répartition égale des droits politiques.

4) Les transformations de la sensibilité religieuse :
Les lieux de cultes mycéniens sont abandonnés pendant les âges obscurs. Il n'y a pas de lieu de culte fixe à cette époque. A la fin du VIIIè siècle les lieux de cultes réapparaissent. Ce sont les futurs sanctuaires civiques. Les lieux d'offrandes sont au début circonscrit par une limite, temenos, des murs ou une enceinte fortifiée si les offrandes sont riches. Ils se trouvent sur l'acropole, sur le territoire dans les zones frontières. La divinité protège la communauté et les sanctuaires servent de limite aux frontières. Ainsi, le sanctuaire d'Héra à Argos, l'Héraion, se situe à huit kilomètres du centre urbain. Les processions importantes vont du centre au sanctuaire de frontière, lieu extrêmement actif.
Vers 750 apparaissent de nouveaux cultes pour honorer les héros, personnages humain qui se sont illustrés au combat, mais il y a aussi des médecins et d'autres, et beaucoup d'héroïnes. Le culte est rendu sur la tombe du héros ou de l'héroïne par l'ensemble de la communauté civique. Dans les colonies, la coutume est d'enterrer le fondateur, l'ïokiste, au centre de l'asty, la ville.

Toutes les explications permettent la construction de la cité.
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La Fille de la Chouette
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MessageSujet: Re: Les cités   Mar 7 Nov - 21:49

II) Qu'est ce qu'une polis ?
1) polis = communauté de citoyen :
Aristote définie la polis comme une communauté de citoyen au IVè siècle. Thucydide, historien athénien écrit "ce sont les hommes qui constitue la polis, non des murs ou des vaisseaux". A l'époque on ne disait pas Athènes mais les Athéniens.
La polis est une communauté d'hommes. Les femmes ne sont que les filles, épouses ou mère de citoyens. Mais leur qualité permet de transmettre la citoyenneté à leur fils. La cité fonde sa communauté en excluant les autres groupes : les esclaves (entre 100 000 et 300 000 au Vè siècle à Athènes) et les étrangers résidents, les métèques. C'est toute une partie de la population qui exclue de la vie politique et religieuse de la cité.
Le citoyen rend le culte, participe à la vie politique, combat pour la cité.

2) Qui organise les cultes civiques ?
Les cultes consistent en des processions, des sacrifices d'animaux (d'humains que dans les graves crises). A Athènes, l'hécatombe est le sacrifice de cent boeufs en l'honneur d'Athéna lors des panathénés. Les citoyens se réunissent pour manger la viande du sacrifice après avoir offert les meilleurs morceaux aux dieux.
Les concours sont omniprésents. On peut y participer dès sept ans. On y pratique la course, la lutte, le lancer (javelot, poids), le saut, la course de char, au IIIè siècle apparaissent les premiers gladiateurs. On peut aussi y pratiquer le chant, la poésie. Les épreuves diffèrent selon le dieu auquel le concours est dédié.
Les femmes pouvaient être les prêtresses des déesses. C'est leur seule fonction politique.
On ne demande pas de foi, de croyances personnelles mais on demande une manifestation de la piété. On ne supporte pas l'athéisme. Déclarer qu'on ne croit pas en dieu, c'est avoir la volonté de se mettre en marge de la cité car ce sont les dieux qui ont créé les cités. L'athéisme est très gravement puni, parfois par la peine de mort, comme Socrate.
Chaque cité a un culte spécifique qui se différencie des autres. Les dieux et les héros sont propres à chaque cité. La cité finance et organise tous ce qui concerne le culte. Un homme est élu par l'assemblé pour s'en occuper. Il rend des comptes tous les mois et fais un bilan à la fin de l'année. Il peut être remplacer si l'assemblée considère qu'il n'est pas bon, pas la hauteur de sa tâche.

3) Les institutions politiques:
On trouve le même type d'institutions dans toutes les cités. L'assemblé de citoyens est toujours présente. Tout homme libre, fils de citoyen et de fille de citoyen, ayant fait son service militaire peut faire partie de l'assemblée. Les compétence de l'assemblée sont plus ou moins larges selon si elle est dans un régime démocratique ou oligarchique. Dans ce dernier régime, un petit nombre de citoyens gouverne, c'est-à-dire peut exercer des magistratures. On participe aux institutions selon la fortune mais aussi selon la naissance. A Massalia, il fallait être marseillais depuis six générations, à Sparte il fallait avoir plus de quarante ans. Le pouvoir de l'assemblé est limité. Elle décide de faire la guerre, la paix, de l'élection des magistrats. Ces régimes sont les plus nombreux en Grèce.
Dans les régimes démocratiques, tous les citoyens dès qu'ils ont fait leur service militaire peuvent exercer une magistrature. L'assemblée a énormément de pouvoir. Elle a l'initiative des lois, elle peut mettre en jugement un magistrat ou un citoyen. L'île de Chios héberge la première démocratie grecque. Puis Athènes, à partir du Vè siècle, impose un régime démocratique. Une autre phase de l'élargissement de la démocratie a lieu avec Alexandre le Grand en Aise mineure.
A coté de l'assemblé se tenait un Conseil formé de magistrats. A Athènes, il comprenait cinq cents membres. Il est chargé d'assurer les affaires courantes, met en forme les projets de loi, les décrets. Plus la cité est démocratique plus le Conseil possède de membres. A Sparte, qui est très oligarchique, le Conseil n'a que trente membres. Au sein du Conseil, on recrute des commissions chargées pour une période limité de telle ou telle fonction. Il y a toujours plusieurs personnes dans ces commissions, souvent une dizaine. Les autres magistrats sont prêtres, chefs politiques, militaires (stratèges à Athènes).
Les tribunaux sont formés de citoyens qui jugent les autres citoyens. Les membres des tribunaux, deux cents un au minimum, votent et fixent la peine. Il y a toujours deux partis.
Les fonctions sont annuelles, parfois elles se déroulent sur six mois. Les gens sont tirés au sort dans une liste de volontaire. On considère que c'est la volonté de dieu. Les fonctions les plus hautes sont électives, comme pour les stratèges où il faut des qualités militaire, dans la parole) et mes fonctions financières où on élit des gens très riches pour leur saisir leurs fortune si ils se conduisent mal. Il y a des fraudes dans les régimes démocratique où on vote à bulletin secret, et dans les régimes démocratique où on vote à main levée. A Sparte, on est élu selon l'acclamation.
A la fin de la magistrature, il faut rendre des comptes. Si le magistrat s'est mal conduit, il peut être puni par l'atimie, la perte de ses droits. Si l'acte est plus grave, on peut être condamné à mort, comme en 406, après la bataille des îles Arginuses, une tempête se leva. Les dix magistrats préfèrèrent sauver la flotte que aider les blesser et donner une sépulture aux morts. Ils furent condamnés à la peine de mort.
Dans l'armée civique, ce sont les citoyens qui sont soldats. A Sparte, si on manifeste un signe de lâcheté au combat, on perd ces droits civiques.
Les cités frappent monnaie (Sparte ne le fait qu'à partir du IIIè siècle) dès la fin du VIIè, début du VIè siècle en Asie mineure et en Grèce continentale. Sur la monnaie est représenté le dieu et l'emblème de la cité (Athènes et la chouette). Celle-ci fait circuler la monnaie sur son territoire. Les monnaies sont surtout en argent, l'or étant utilisé pour les offrandes. Au Vè siècle apparaît la monnaie en bronze, moins cher que l'argent et qui permet d'avoir des monnaies de plus faible valeur.
La cité possède un territoire de petite taille sauf Sparte qui mène une politique expansionniste à partir du VIè siècle jusqu'en 371 et qui a 8 400km2. Athènes possède 2800km2. L'île de Délos n'a que vingt-deux km2 mais son rôle est extrêmement important puisqu'elle abrite le sanctuaire d'Apollon et elle a une situation géographique idéale pour le commerce.
Une autre caractéristique de la cité est la loi (nomos). L'alphabet grec apparaît au IXè siècle. Il est utilisé dans l'usage commun, dans l'économie, dans la littérature amis surtout dans le domaine politique qu'il a un rôle fondamental. Les lois, les dispositions civiques sont mises par écrit, alors qu'avant elles étaient seulement orales. Les nobles qui dirigeaient le village exerçaient leur droit.Dès qu'elles sont mises par écrit, les citoyens ont la possibilité de contester. La loi est extrêmement importante, elle est liée à l'idée de justice. La cité est attaché à on particularisme, à la défense de sa liberté, de son économie. Il y a constamment des guerres. Les cités ont un désir d'indépendance. Elles refusent les ambassadeurs permanents sur leur sol. Leur idéal est l'otarcie selon Aristote. Il faut être complètement indépendant de l'extérieur, surtout au niveau de l'approvisionnement.
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La Fille de la Chouette
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MessageSujet: Re: Les cités   Mar 7 Nov - 21:50

III) Les relations entre les cités :
1) Les cultes panhelléniques :
Il existe de sanctuaires qui n'appartiennent pas à des cités. Ils ne sont pas gérés par les cités et accueillent les grecs toute l'année ou par moment. C'est le cas du sanctuaire de Zeus à Olympie, celui d'Apollon à Delphes, celui de Zeus à Némée et celui de Poséidon à l'isthme de Corinthe. Ces quatre sanctuaires sont les lieux des concours olympiques. Le héros Pélopse est le fondateur de ces jeux olympiques, il a conquit une femme par une course de char truquée. C'est sur son tombeau que les jeux sont organisés en son honneur. On gagne aux jeux la célèbre couronne de laurier. Héraklès est sensé avoir rapporté l'olivier des pays du nord.
A Delphes se déroulent les concours pythiques. Pytho est l'ancien nom de Delphes et le nom du dragon femelle qui gardait le sanctuaire de Gaïa et que Apollon a tué pour prendre possession du sanctuaire.
A Némée, les concours neméen ont été fondé par Heraklès, vainqueur du lion de Némée.
Les concours isthmiques à l'Isthme de Corinthe ont été fondé par Poséïdon ou par le héros athénien Thésée ou encore par le roi de Corinthe Sisyphe.
Les fêtes panhelléniques sont la seule occasion pour les orateurs de faire un discours pour tous les grecs. On les appelle les discours panhégyriques (de panhégyrie : fêtes religieuses). Le plus célèbre fut prononcé par Isocrate, orateur athénien du IVè siècle, pour s'unir pour une expédition contre les Perses.
Les sanctuaires panhelléniques sont gérés par une association d'Etats, une amphictionie. La plus célèbre est celle de Delphes, la pyléo-delphique, qui gérait deux sanctuaires : celui de Déméter au défilé des Thermopyles et celui à Delphes dédié à Apollon en été et à Dionysos en hiver. L'amphictionie gère l'administration des richesse, c'est-à-dire des offrandes et les richesses foncières. Elle compte douze membres. Les cités envoyaient tous les six mois eux délégués pour le conseil.
La fonction politique est extrêmement influente pour les colonies : l'oracle de Delphes est consulté par les oikistes. Au IVè siècle, Philippe II l'utilise pour asseoir son pouvoir en Grèce.

2) Les alliances entre cités :
Les accords passés entre les cités sont nombreux. Les alliances durent le temps de la guerre (la plupart des guerres ne durant que quelques mois, pendant la période estivale). Mais certaines dure plus longtemps et elles s'accompagnent d'une constitution commune, d'un Etat, d'un bloc.
Les alliances, les Symmachies, impliquent qu'une cité est à la tête de l'alliance pour contrôler le combat. On l'appelle la cité hégémonique. C'est l'Etat le plus puissant (qui a les forces combattantes les plus nombreuses) qui occupe cette place.
La Symmachie péloponnésienne est réunie autour de Sparte et comprend la plupart des cités du Péloponnèse sauf Argos. Les grecs appelaient cette alliance les Lacédémoniens et leurs alliés. Les Lacédémoniens sont les hommes libres de Sparte, les citoyens de plein droit, les homoioi ou spartiates plus les périèques (= ceux qui ont leur maison autour), les citoyens des petites cités qui ont été annexées par Sparte. Elle est appelée par les modernes ligue du Péloponnèse.
Ce système d'alliance remonte au début du VIè siècle et se stabilise vers 550. Il comprend la quasi totalité des cités du Péloponnèse. Il s'agit d'accord bilatéraux entre Sparte et les cités (pas entre deux cités autre que Sparte). Si il y a un conflit entre les cités, Sparte l'arbitre de manière brutale parfois. Il n'y a aucune guerre entre Sparte et les cités de l'alliance. La symmachie impose aide et assistance.
Les principaux alliés de Sparte sont Corinthe,la troisième grande cité du Péloponnèse, qui est prise en sandwich entre Athènes et Argos qui ont une relation étroite, Elis, cité qui gère les jeux olympiques, toutes les cités de l'Arcadie, toute les cités de l'Argolide pour échapper à la main mise d'Argos et les cités de l'Achaie (Partas, Aigion). Corinthe et Sparte n'ont aucun intérêt commun mais la même aversion pour Argos.
Spart veut la main mise sur la Messénie, région riche pour la céréaliculture et l'élevage. Elle réussit à la conquérir petit à petit du VIIIè au Vè siècle. La Messénie est annexée et ses habitants sont réduits à l'état d'hilotes. Leur seule fonction est de cultiver la terre et de produire des céréales et du bétail transportés à Sparte. La région est exploitée économiquement. En 371, la Messénie se révolte et gagne son indépendance grâce à l'aide de la Béotie. Cela marque la fin de l'alliance qui a permis de stabiliser les guerres que les spartiates devaient mener et instaurer un statu-quo. Elle a aussi permit à Sparte d'intervenir dans la majorité des guerres en Grèce, comme les guerres médiques ou les guerres civiles qui ont lieu dans les cités (stasis/ staseis).
Athènes, de 561 à 510, est sous la tyrannie des Pisistratides avec Psistrate et ses fils Hippias et Hipparque. C'est Sparte qui y met fin en rétablissant la démocratie. Les spartiates ne frappent pas monnaie mais Corinthe et l'île d'Egine, si. Celles-ci finançent donc un certain nombre d'opérations. Sparte reçoit aussi des dons, en argent ou en nature) venant de gens qui ne sont pas forcément des alliés (les Phéniciens ou les chefs barbares). L'alliance n'est pas très riche mais ce n'est pas un problème puisque les soldats payent eux-mêmes leur équipement et leur entretien. Ils n'ont pas de solde. A la fin du Vè siècle, à la guerre du Péloponnèse de 431-404, les choses changent. La ligue du Péloponnèse se bat contre la ligue de Délos. Les combats sont surtout maritimes : lemanque d'argent se fait sentir. La guerre navale compte chère. Le Péloponnèse doit chercher un moyen de financement. Il s'allie à l'ennemi juré des Grecs, les Perses. Thucidide dit "l'argent est le nerfs de la guerre".
La ligue du Péloponnèse est la plus puissante armée terrestre.
La ligue de Délos est né dans la foulée des guerres médiques en 478. Les guerres médiques commencent en 490 avec la bataille de Marathon. En 480, avec la bataille des Thermopyles et celle de l'Artémision. En 479, Platés est la dernière bataille dans la partie européenne de la Grèce, la guerre se déplace ensuite en Asie mineure au Cap Mycale où débute la deuxième phase des guerres médiques. Elles y durent pendant trente ans. La paix a lieu à Callias. Les Grecs remportent la victoire, interdisent aux Perses d'avoir dans la mer Egée et des troupes en Asie mineure. La ligue de Délos est créée pour continuer la guerre. La symmachie est sous l'autorité d'Athènes, la principale puissance navale.
Son fonctionnement est différent de la ligue de Péloponnèse. Le conseil réunit les délégués des alliés et vote la guerre, la paix, détermine les contingents des cités pour les guerres ou les sommes à payer. Le trésor de la ligue se trouve dans le sanctuaire d'Apollon à Délos, île au centre de la mer Egée et le centre géographique de la ligue. Délos, où Artémis et Apollon sont nés, est le centre politique de l'alliance militaire avec des caractéristiques religieuses depuis l'époque archaïque. On a retrouvé des coffres souterrains, recouverts de dalles très lourdes. Le plus gros fait cinq mètres de profondeur et de cinq à dix mètres de côté. Il faut huit clés pour l'ouvrir, une pour un prêtre. Délos est une banque de dépôt.
En 454, les athéniens rapatrient le trésor chez eux en prétendant qu'il y avait trop de pirateries. C'est le prélude du glissement entre Athènes et ses alliés. Beaucoup d'alliés se sont délaissés de leurs armées pour verser un tribu (phoros) pour être protégé.
Un grand nombre de cités essayent de sortir de la ligue, surtout celles qui ont encore une armée puissante comme Samos qui se révolte. Les athéniens l'écrase dans le sang. Le système de l'alliance devient impopulaire. Pendant la guerre du Péloponnèse, Sparte met à profit le mécontentement des alliés d'Athènes pour mettre à mal son autorité.
Les athéniens ont utilisé la ligue de Délos pour asseoir leurs autorité sur la mer Egée. Leur premier intérêt est le ravitaillement du blé. Ils voulaient sécuriser les routes maritimes qui passent en Thrace, en Hellespond, par l'île d'Eubée. Athènes importait également ce qu'il lui fallait pour construire sa flotte, la chanvre pour les cordage et le bois.
Les Athéniens ont installé le gouvernement et des garnisons dans certaines cités. Celles-ci perdent leur indépendance et on leur impose des citoyens athéniens qui reçoivent des terres. Pour cela des citoyens de la cité alliée sont expropriés. Les clérouques, les citoyens athéniens installés dans les cités alliées doivent maintenir l'ordre. Athènes impose qu'ils ne peuvent être jugé sur place et que toutes les causes doivent être envoyés à Athènes. Athènes s'érige en cité souveraine. Elle interdit également aux autres cités de frapper monnaie, en imposant la chouette et son étalon monétaire. Pour les Grecs, la monnaie a une fonction politique importante.
La ligue disparaît en 404. Le phoros (tribu) était utilisé pour autre chose que pour l'armée. Périclès mit au point un projet architectural grandiose pour reconstruire une série d'édifices détruits par les Perses. Les sanctuaires de l'acropole sont reconstruits par le maître d'oeuvre Phidias. Les travaux sont lancés en 449 et se finissent en 406. Les alliés d'Athènes l'accusent de l'avoir financé grâce au phoros.

3) La guerre "conçue comme un tournoi" (Jean-Pierre Vernant) :
Dans les cités, les combattants sont les citoyens. Ce n'est qu'une minorité, leurs vies sont très précieuses. Les Grecs ont donc codifié les pratiques guerrières pour limiter le nombre de victimes. Les Grecs se définissent comme étant civilisés en opposition avec les barbares qu'ils considèrent sous l'emprise de la sauvagerie. Pour mettre la culture à la place de la sauvagerie, ils codifient les pratiques guerrières entre les Grecs mais non contre les autres peuples. Les combats sont limités dans le temps, que l'été après la moisson car la plupart des soldats sont paysans. Les combats ne durent que quelques jours. La bataille de Hysiai entre Argos et Sparte à duré trois jours mais on ne sait pas si elle a vraiment eu lieu. La plupart des combats durent un jour ou un jour et demi et se déroulaient dans des plaines pour que les phalanges puissent manoeuvrer sans difficulté. Les combat se déroulent en trois temps : la charge des phalanges au rythme de la flûte (aulos) et du chant (péan), au pas ou en courant parfois sur plusieurs kilomètres. Le deuxième temps est le choc des phalanges et la mêlée. Les phalanges ne sont pas rompues au début. Puis vient le combat au corps à corps avec les piques puis les épées. Les soldats utilisent des pierres, des couteaux de chasse. Mais le but premier est de rompre la phalange ennemi, pas de tuer. Ceux qui fuient ne doivent pas être poursuivis et tués. Le vainqueur est celui qui reste maître du combat. Il réuni les armes laissées sur le champ de bataille et les offre aux divinités, souvent Zeus, Arès, Athéna et Artémis (déesse de la ruse sur le champ de bataille), en les empilant comme un trophée. La troisième étape est la relève des morts. Ceux-ci sont enterrés près du champ de bataille sous des sépultures communes. Les funérailles et la cérémonie sont importantes : à Athènes, le plus grand orateur de la cité donne un discours devant dix cercueils vides, qui représentent les clamp d'Athènes, pour célébrer les morts de l'année. A Sparte, ceux qui mourraient au champ de bataille ont droit à leur nom sur la tombe, comme les femmes mortes en couche.
Les guerres hoplitiques sont souvent comparés à des tournois, à des concours athlétiques. Il s'agit d'être le meilleur. Les guerres sont décrites dans les textes comme des agôn (concours), comme des jeux olympiques. On y montre la maîtrise de soi. La règle est la nomina pour limiter la violence. Ses règles ne sont pas écrites, ce sont des conventions orales. La première règle est la protection des prisonniers. Ils ne doivent pas être exécutés mais racheté par leurs concitoyens sinon ils sont vendus comme esclaves. La deuxième concerne les trêves proclamées par les sanctuaires et après la bataille pour relever les morts. La troisième concerne l'asylie, le droit d'asile pour les personnes qui se placent sous la protection divine, et l'inviolabilité des sanctuaires. On ne peut pénétrer dans un sanctuaire en étant armé, aucune violence n'est toléré à l'intérieur. Ils servent même de dépôt, de banque et possèdent des terres. Mais il y a souvent des manques à la nomisma. Les Spartiates, pendant la lutte contre Argos, ont brulé vifs les soldats d'Argos réfugiés dans le bois sacré. Hérodote dit que les Spartiates ont perdu la guerre à cause de leur impiété.
Les guerres entre les barbares et les Grecs sont différentes. La sauvagerie est de mise, il faut exterminer l'adversaire. Dans certains cas, on lance des guerres d'anéantissement surtout quand l'Etat a commis une impiété. Ce sont des guerres sacrée, les plus célèbres se placent entre VIè et le IVè siècle. Un fut déclaré contre les cités qui s'étaient emparés de biens dans le sanctuaire de Delphes. A partir de la deuxième moitié du Vè siècle, la guerre entre les cités change de caractère. Elle devient plus longue, dans des lieux loin de la Grèce, en Egypte, en Grande Grèce, ne Sicile et surtout en Asie mineure. On fait souvent appel aux mercenaires car les citoyens ne peuvent passer tout leur temps loin de chez eux. Les mercenaires veulent faire du butin, capturer des prisonniers pour les vendre en esclaves. Il y a aussi un développement de la poliocétique, l'art du siège et des fortifications avec le bélier, les catapultes (invention grecque), les galeries des mines (tradition orientale). Pour faire face aux nouvelles armes, les Grecs dessinent remparts plus rectilignes, munis de tours très fréquentes, les murs sont extrêmement épais, avec des avant-postes. Les tours mobiles apparaissent au IVè siècle. Les civils sont particulièrement touchés dans ce genre de guerres. Il y a une détérioration des nomisma. On passe des guerres de concours à des guerres d'anéantissement. Les cités ne sont pas les seules types d'Etats connus par les Grecs mais c'est le seul modèle politique qu'ils ont exportés par la colonisation. L'organisation du monde grec en cité qui remonte à l'époque archaïque occupe toute l'histoire grecque car même après la conquête de la Grèce par Philippe II en 338, puis sous l'époque hellénistique et l'époque romaine, les cités conservent la tradition institutionnelle. Elles ont toujours continué à se faire la guerre entre elles jusqu'au IVè siècle de notre ère pour des questions de frontières et de prestige.
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